Prise en main de l’outil informatique : en quoi consiste le suivi en ergothérapie ?

Votre enfant peut avoir besoin d’un ordinateur pour la classe. L’ergothérapeute est le plus souvent la personne qui va l’accompagner dans la prise en main du matériel. Que va-t-il faire avec votre enfant ? Comment va se passer ce suivi ? Quel va être son contenu ? Vous vous êtes peut-être posés ces questions. Voici quelques indications.

Un ergothérapeute va tout d’abord faire un bilan.

Il va se pencher sur les raisons de la demande, et analyser par exemple selon le cas le graphisme ou l’utilisation des outils scolaires, ou lire attentivement les résultats du bilan de l’orthophoniste en lecture et orthographe. A ce propos, les chiffres des bilans étalonnés : écarts-types non-mots, pseudo-mots, mots irréguliers… sont d’un intérêt majeur. Les bilans d’un ophtalmologue et/ou d’un orthoptiste peuvent également être nécessaires : vision de près/de loin, accomodation/désaccomodation pour la prise d’informations visuelles sur feuille ou du tableau, et autres termes barbares que je vais vous épargner…

Ce bilan va ensuite porter sur toutes les compétences nécessaires à la bonne utilisation de l’outil informatique, compétences qu’il va observer en analytique : compétences motrices, praxiques, sensibilité, traitement visuo-spatial, voie auditivo-verbale, fonctions exécutives… Il va pouvoir dégager les forces et les faiblesses de l’enfant, et faire un pronostic.

Le bilan va permettre de déterminer :

  • les objectifs
  • les stratégies.

Il va proposer un plan d’actions, avec des étapes à court, moyen et long terme, selon des priorités. Car quelle est l’urgence ? Lire, écrire sans fautes, écrire lisiblement ? Accéder à la géométrie ?

La frappe au clavier

10 doigts ou 2 doigts ?

La frappe au clavier à 10 doigts permet de dégager le regard du clavier, et de le poser :

  • soit sur le modèle : tableau ou feuille
    ce qui est important pour les enfants qui ont :

    • un trouble neurovisuel
    • un faible empan visuo-attentionnel
    • une faible mémoire à court terme en modalité visuelle
  • soit sur l’écran
    important pour les dysorthographiques, pour voir le souligné rouge/vert/bleu du traitement de texte, ou la proposition du correcteur d’orthographe, ou la proposition de la prédiction de mots.

La frappe au clavier à 10 doigts n’est cependant pas toujours possible. Certains enfants n’y accèdent pas. Ils peuvent manquer de dissociation au niveau des doigts, ou présenter des syncinésies controlatérales d’imitation, ou une difficulté dans l’enchainement des mouvements alternés. Ou tout simplement parce qu’ils ne sont pas suffisamment persévérants durant la phase d’apprentissage, qui nécessite de faire des exercices 10 à 15 mn pratiquement tous les jours pendant quelques mois !! C’est un investissement dont il faut avoir pris la mesure !

L’apprentissage des logiciels :

Traitement de texte, correcteur d’orthographe, annotation de PDF, dictée vocale, logiciel de géométrie… sont les plus courants.

1 ou 2 séances par semaine ?

Le plus souvent 1, avec indication d’exercices à faire entre les séances.

Parfois 2 : Il peut être nécessaire de rapprocher les séances, lorsqu’une rééducation de la motricité doit s’ajouter à l’apprentissage de la frappe au clavier par exemple.

Parfois 0 : Le suivi peut se faire par séquences, avec des pauses pour mise en pratique et consolidation des acquis avant d’apprendre quelque chose de nouveau.

Le suivi est donc irrégulier. Cette irrégularité permet de conserver la motivation de l’enfant.

Il peut aussi se faire en dehors de la présence de l’enfant :

  • guidance par téléphone, mail, vidéo-tutoriel ou skype
  • travail sur l’ordinateur, pour les paramétrages individualisés…

Combien de temps le suivi va-t-il durer ?

C’est une question bien légitime. Tout dépend du nombre de logiciels à voir, de la rééducation à faire en parallèle ou pas, de l’investissement tant de l’enfant que de ses parents… Moins de 40 séances est impossible, je pense.

Voilà donc mon petit récap pour les enfants dys : dysgraphiques, dyspraxiques, dyslexiques, dysorthographiques, dysphasiques, dyscalculiques.

2 commentaires à propos de “Prise en main de l’outil informatique : en quoi consiste le suivi en ergothérapie ?”

  1. Mon fils a 14 ans, il est en 3ème.Suite à une dictée qu’il n’a pas pu finir, je l’ai amené chez un ergothérapeute qui lui a fait un bilan.Il a du mal à écrire, il se concentre tellement qu’il ne sait pas trop ce qu’il vient d’écrire.Il a du mal à reproduire des formes de mémoire.On fait le nécessaire pour une prise en charge rapide et qu’il puisse utiliser son ordinateur à l’école.L’ergothérapeute n’a pas mis de nom sur son trouble et ne souhaite pas qu’il utilise l’ordinateur pour l’instant à l’école.Je me fais beaucoup de soucis pour mon fils surtout que c’est l’année du brevet .Qu’en pensez-vous

    • Bonjour,
      Vous relevez là un problème fréquent, que je déplore : les paramédicaux qui n’osent pas poser un terme, ou qui du moins ne guident pas vers les bons professionnels jusqu’à ce que le terme adéquat soit posé. Je crois que certains n’en comprennent pas encore l’importance, tant pour l’enfant lui-même que pour les parents, que pour la mise en place du bon parcours de soin et des bons aménagements !! D’autres ont peut-être peur de se tromper, et d’autres sont… incompétents… Il faut le dire.
      Autre problème que votre message met en avant : le peu d’importance portée aux difficultés en écriture. Les élèves poursuivent leur scolarité cahin caha sans que personne ne s’en soucie, alors que 60% du temps scolaire est à l’écrit ! Il y a un véritable manque d’information tant des enseignants que des orthophonistes et autres paramédicaux…
      Pour ce qui est de l’utilisation de l’ordinateur en classe, c’est peut-être encore trop tôt. Il faut 4 à 6 mois d’apprentissage avant de l’introduire petit à petit (avec de grandes variantes selon les enfants). Cela me semble bien court pour le brevet aussi. Je vous conseille de demander un transcripteur pour les épreuves écrites. A-t-il ou a-t-il eu une AVS dans son parcours ? A-t-il l’habitude de dicter ses réponses à quelqu’un qui écrit à sa place ? Si ce n’est pas le cas, il est préférable de l’y entraîner, car cela demande une petite gymnastique intellectuelle.
      Nathalie

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