L’importance du diagnostic

Le diagnostic est essentiel.

L’enfant est le premier à savoir que quelque chose ne va pas. Il se pose des questions sur lui-même. Pourquoi échoue-t-il, là où ses copains réussissent ? Il a besoin de réponses. Sinon, il s’en créera de fausses, du genre « je suis nul ».

Petit témoignage :

« Quand la dyspraxie de mon fils a été diagnostiquée, il a été soulagé, me disant que finalement ce n’était pas qu’il était mauvais, mais qu’il avait un « problème ». C’était une grande avancée pour lui, et une délivrance. »

Françoise, maman de Victor

Les parents aussi ont besoin d’un diagnostic, complet, fiable, rapide. Sinon, ils continueront, à juste titre, de papillonner de professionnel en professionnel, jusqu’à ce qu’ils obtiennent des réponses. Or la multiplicité des RDV est néfaste pour l’enfant.

 

A quel âge peut-on/doit-on
s’alarmer ?
Quels sont les signes qui doivent interpeler ?
A quel âge
peut-on
poser le diagnostic ?
dysphasie Un enfant comprend bien le langage courant à 1 an 1/2 – 2 ans (langage réceptif), associe 2 mots à 2 ans 1/2, utilise sujet/verbe/complément à 3 ans 1/2 (langage expressif).
Donc, si un enfant n’est pas compris en PS, il y a retard de langage.
Si le trouble persiste à 4 ans et plus, il faut penser à une dysphasie.
 

dysgraphie

Les 1ers signes peuvent être visibles dès la MS/GS.

  • mauvaise tenue de crayon
  • crispationDifficulté à repasser sur un trait
  • difficulté à repasser sur une ligne
  • dépasse beaucoup quand colorie
  • dessin pauvre
  • incapacité à reproduire des lettres simples sur modèle
  • difficulté à poser sur une ligne
  • lettres de taille disproportionnée

Exemple d'écriture

Dessin du bonhomme

 

 

 

 

 

Panneau danger

Tout refus d’écrire est suspect, et ne doit pas être mis sur le compte d’une mauvaise volonté/paresse/troubles psycho-affectifs.

 

CE1

 

dyspraxie

Les 1ers signes peuvent apparaître en MS/GS.

motricité globale :
équilibre sur un pied
marche sur une ligne
marche talon-pointe
montée/descente des escaliers en alternant les pieds
courir en changeant de direction et en évitant les obstacles
lancer/attraper un ballon

motricité fine :
découper, coller, colorier, écrire
emboîter, enfiler…

autonomie :
s’habiller seul
manger proprement

 

dyspraxie visuo-spatiale ou constructive

difficulté à reproduire une figure avec des cubes, des bâtonnets ou sur papier :
3 ans : tracer un cercle, faire pont avec 3 cubes
3 ans 1/2 : tracer une croix
4 ans : tracer un carré, faire une pyramide avec 6 cubes 

pont 3 cubes

 

 

 

Difficulté dans la reproduction de figure

 

 

 

dessin du bonhomme
difficulté dans les puzzles, les légos

 

TDAH

enfant turbulentMS/GS

incapacité à rester sur une même tâche plus de quelques minutes (sauf écrans !!)
passe sans cesse d’une activité à une autre, sans finir
incapacité à intégrer une consigne longue ou 2 consignes à la fois
parle fort
bouge beaucoup, saute, se met en danger

Panneau dangerLes enfants calmes peuvent aussi avoir un TDAH de type trouble attentionnel sans hyperactivité. On dit de ces enfants qu’ils sont « dans la lune ». Cela est tout aussi préoccupant pour les apprentissages scolaires.

CP

Les troubles doivent être observés dans au moins 2 lieux de vie (ex : domicile et école) et à 6 mois d’intervalle.

« Il a toujours été comme ça ».

dyslexie

CP

absence de reconnaissance des mots courts courants dits mots-outils

CE1
dysorthographie CE1 CE2
dyscalculie difficultés à dénombrer, compter oralement, écrire les grands nombres, calculer mentalement

Panneau dangerUn enfant peut être en difficulté dans certaines des activités citées et en réussir d’autres. Ex de la dyspraxie : un enfant peut être bon en motricité fine, et pas en motricité globale, ou inverse, et le diagnostic peut/doit tout de même être évoqué.

Si un trouble est manifeste avant l’âge du diagnostic, il est préférable de consulter et de commencer la rééducation.

Tout enseignant, au primaire, doit avoir au moins 2 enfants dys dans sa classe. S’il ne les a pas, c’est qu’il ne les a pas repérés. Ce peut être plus de 2, notamment dans le privé.

Vers quel spécialiste orienter ?

En 1ère intention :

dysphasie audiogramme + orthophoniste tests langagiers étalonnés
dysarthrie orthophoniste
dysgraphie ergothérapeute, psychomotricien
TDAH ergothérapeute, psychomotricien
dyspraxie ergothérapeute, psychomotricien
dyspraxie visuo-spatiale ou constructive ergothérapeute, psychomotricien, orthoptiste
dyslexie orthophoniste, orthoptiste
dysorthographie orthophoniste
dyscalculie orthophoniste spécialisée logico-mathématiques

Ces spécialistes peuvent travailler en libéral ou dans le cadre d’un CAMSP, d’un CMPP ou d’un centre référent. Le délai pour obtenir un RDV peut être long. Ils feront passer des tests étalonnés à l’enfant pour le situer par rapport aux enfants de son âge. Un test psychométrique (WISC IV ou WPPSI IV) peut en plus apporter une vision d’ensemble des capacités cognitives de l’enfant. C’est le neuropsychologue qui fait passer ces tests.

Si un trouble est avéré, une prise en charge pluridisciplinaire sera le plus souvent nécessaire.

Vécu des parents

Les parents parlent souvent de parcours du combattant. Ils voient leur enfant en difficulté, mais ne savent que faire, vers qui se tourner. Les personnes qui devraient être ressources : médecins généralistes et enseignants, manquent de formation.

Quelle prise en charge financière ?

Une inégalité de remboursement des soins est à déplorer. Certains sont remboursés par la CPAM/RSI, d’autres par la CAF après validation d’un dossier par la MDPH. Il peut être nécessaire aux familles de faire l’avance de certains frais, des bilans notamment.

6 Replies to “L’importance du diagnostic”

  1. Bonjour,
    Une maman m’a appelée pour que je puisse faire un bilan d’ergothérapie à sa fille actuellement en 3ème dont on a diagnostiqué une dyscalculie. Aussi je voulais vous demander s’il y avait dans le bilan un test particulier à ajouter concernant cette problématique. L’enseignante référente l’a envoyée vers moi afin que je puisse la prendre en charge pour l’utilisation de logiciels mathématiques. Je vous remercie par avance pour vos conseils.
    Bien Cordialement
    Marjorie

    • Bonjour,
      Il faut partir du trouble évoqué (ici une dyscalculie) et essayer de savoir d’où vient le problème, jusqu’à ce qu’on le trouve. Il faut donc que tous les partenaires paramédicaux aient analysé les compétences nécessaires à la réalisation de la tâche, chacun dans sa partie. Les ergothérapeutes testeront le traitement visuo-spatial (perception topologique, séquentielle et perception des obliques, 2D, 3D), l’attention, la mémoire (MDT et MLT), les fonctions exécutives, la précision oculo-manuelle. Les orthophonistes feront des tests étalonnés en logico-mathématiques, et testeront en plus les fonctions langagières (compréhension, expression, lecture).
      Après tout cela, on voit clairement quelles rééducations et quels moyens de contournement mettre en place.
      Il ne faut pas partir du trouble et aller directement aux moyens de contournement (ici dyscalculie – logiciels mathématiques), par copier-coller de ce que l’on a entendu, sinon on risque d’engager quelque chose de lourd qui n’aura pas les résultats escomptés.
      Tout ceci aurait du être fait bien avant la 3e… Dès le primaire.
      Nathalie

  2. Bonjour,
    A partir de quel âge pouvons-nous détecter une dyspraxie? Pensez-vous qu’à partir de 8/9ans (entre la fin de classe de ce2 et en tout début d’année scolaire cm1)
    Bien à vous!
    Cdlt

    • Bonjour,
      Une dyspraxie peut être repérée dès la maternelle : difficulté à dessiner, colorier, écrire les lettres bâtons et le prénom en minuscules, dénombrer, faire des puzzles… mais aussi difficulté à enfiler son manteau, manger sans en mettre partout, faire du vélo, courir, rattraper une balle… On peut mettre en place des aménagements immédiatement, et le diagnostic, pluri-disciplinaire (ergothérapie + psychomotricité + orthoptie + WISC puis médecin) peut se faire dès 5 ans.
      D’ailleurs, lorsque nous voyons (encore trop souvent) les enfants bien plus tardivement, on se rend compte qu’en remontant leur histoire, on avait déjà tous les signes sous les yeux, mais il n’y avait personne pour les voir.
      Donc à 8/9 ans, oui, c’est sûr, on peut savoir si un enfant est dyspraxique ou pas.
      Cordialement,
      Nathalie

  3. bonjour
    merci pour ce blog car moi j’ai longtemps vu les difficultés de mon fils, qui présentait le fait d’être ambidextre puis à la deuxième année réagir autrement : ignorer sa main gauche… J’ai vu des pédiatres qui m’ont rassurée, que ça irait… Waouh l’entrée en cp, il a consulté un pédopsy qui a diagnostiqué une petite dyspraxie qui pourrait se résorber par de l’éveil musical, chose que j’ai fait : il a fait du piano pendant un an. En ce2 voila que la maîtresse qui l’a eu sur deux années (ce1 et ce2) me dit de voir une panel de spécialistes pédopsy, ergo, psychomotricien, orthophoniste… Je ne sais plus quoi faire, quoi penser, il a revu une pédopsy 3 fois déjà pour établir un bilan et voilà qu’elle me dit il ya des éléments en faveur de la dyspraxie mais pour confirmation je vous propose et vous conseille vivement de voir une ergothérapeute. Waouh c’est abuser car là rien me dit que l’on ne va pas me balader encore (250€ x3 soit 750€ pour recommencer un autre bilan soit 2h puis 2x1h15). Je pensais vraiment que je saurai comment amorcer la nouvelle rentrée avec mon fils. J’ai l’impression de tourner en ronds et que rien ne va et qu’ils ne savent pas comment le dire… En lisant vos message cela me donne du courage pour continuer. Je vais tenter de trouver une ergo et poursuivre mon combat mais j’aurais voulu savoir la procédure après l’annonce s’il vous plait.

    • Bonjour,
      Cela m’est difficile de lire votre message. Je m’explique : Pour moi, les pédopsychiatres ne sont pas compétents dans le domaine des troubles des apprentissages. Il faudrait que cela se sache. Une question : Dans quel contexte en avez-vous rencontré avec votre fils ? En CMPP ? Pour moi les enfants dyslexiques, dysorthographiques, dyspraxiques… ne doivent être adressés en CMPP que s’ils présentent une perte d’estime d’eux-mêmes ou un trouble du comportement, et uniquement pour ces points, et être pris en charge par ailleurs par d’autres paramédicaux. Les pédopsy sont des psy, et dans les CMPP il n’y a que des psy : psychologues, psycho-pédagogues, psychomotriciens… Leur équipe n’est donc pas complète pour être à même de poser un diagnostic et d’assurer les rééducations.
      Parfois les enfants détectés petits sont adressés en CAMPS puis en CMPP, et c’est un drame.
      Reprenez tout à 0.
      Pour le problème du coût des bilans, oui, vous avez raison, c’est un problème. La connaissance de ces troubles est récente. Le financement n’est pas au point. Les choses avancent, mais il y a encore fort à faire.
      Bon courage.
      Nathalie

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