Apprendre l’orthographe facilement en s’amusant

L’orthographe s’acquière habituellement spontanément au fil du temps, à force de voir et revoir les mêmes mots. Pour certains enfants, cela ne fonctionne pas aussi bien, et il faut mettre en place d’autres méthodes. En voici quelques unes.


Commencer par jouer avec les sons aide tout d’abord à comprendre comment cela marche.

Voici un outil très simple à mettre en place, dès que l’enfant reconnaît les lettres, majuscules script ou minuscules cursives, donc dès la MS/GS :

carnet de construction de phonemes

 

Prenez un petit carnet, coupez le et inscrivez y les sons comme sur ce modèle.

Le code couleur consonnes/voyelles est un plus.

 

Vous pouvez augmenter la complexité progressivement : syllabes de 2 lettres, syllabes de 3 lettres, sons complexes (ein, euil…), exceptions (ga/gea, gi/gui…).


Pour les mots réguliers :

Au CP/CE1, il est bien d’habituer l’enfant à prendre un temps d’analyse de chaque mot nouveau, et d’adopter un code tel que celui-ci à gauche :

Décortiquer l'orthographe d'un mot aide à le mémoriser.Ici à droite, l’enfant vient cocher en vert ou en rouge selon qu’il ait bien orthographié le mot ou pas.

/ décomposition syllabique
. lettre entendue
° lettre muette
Ο sons complexes, de plusieurs lettres

 


Le logiciel Le Cogigraphe est un bon moyen de faire aimer l’orthographe aux petits CP/CE1 et de leur faire prendre de bonnes habitudes d’analyse.

Il coûte 55 € et se télécharge.


Pour les mots irréguliers :

Nous mémorisons plus facilement des images que des mots ou des phrases. L’utilisation de couleurs permet de mieux ancrer les informations. Enfin, nous mémorisons mieux tout ce qui crée en nous une émotion (ce qui est drôle, bizarre…). Il est possible de se servir de tous ces constats pour apprendre l’orthographe des mots irréguliers. Il s’agit de se représenter la particularité du mot par un dessin.

Image mnémotecchnique pour mémoriser l'orthographe du mot âne

tiré du fichier « L’orthographe illustrée »
de Sylviane Valdois,
chargée de recherche au CNRS

Ici illustration d'homophones

 

 

Cela marche aussi pour les homophones.

 

Les enseignants peuvent d’ailleurs le proposer à leurs élèves, notamment au primaire.

 

Exemple de document fourni par un instituteur à ses élèves pour une dictée préparée, avec dessin mnémotechnique des mots irréguliers ou difficiles

 

Il est bien que l’enfant invente lui-même ses propres dessins.


Les moyens mnémotechniques sont aussi un moyen fiable de se souvenir de quelque chose.

Livre Mais où est donc Ornicar ? sur les moyens mnémotechniques

 

 

Nous connaissons tous « Mais où est donc Ornicar ? »

Voici un livre indiquant une multitude de moyens mnémotechniques similaires.

 

 


Pour chaque classe est établie une liste de mots que chaque élève doit normalement savoir bien orthographier en fin d’année. S’y référer est utile. Le mieux est de demander à l’enseignant de votre enfant. Sinon, voici :

liste mots CP
liste mots CE1
liste mots CE2
liste mots CM1

Ces fichiers servent notamment à ne pas lui demander de savoir orthographier un mot trop compliqué pour son âge.


Jouer avec les mots :

Voici une version adaptée du jeu Doddle, portant sur les mots outils du CP/CE1 :

dobble mots outils

 

 

 

 

 

 

Voici un autre jeu, de dé :

Exemple de cartes mots

Créez des cartes avec un mot
sur chacune d’elle.

dé

 

Chacun à tour de rôle prend une carte, la regarde bien, la cache, lance le dé et suit la consigne qui correspond :

Face 1 – Épeler le mot à l’endroit
Face 2 – Énoncer le nombre de lettre du mot
Face 3 – Énoncer le nombre de voyelles contenues dans le mot
Face 4 – Énoncer le nombre de consonnes contenues dans le mot
Face 5 – Épeler une lettre sur deux (en commençant par la première)
Face 6 – Épeler le mot à l’envers

Si la réponse n’arrive pas ou n’est pas la bonne, on regarde la carte à nouveau, et on relance le dé.


Certains enfants ont besoin de bouger. Il vaut mieux se servir de ce besoin plutôt que de le contraindre ou de le réfréner.

On peut prendre un ballon, et se faire des passes. Celui qui lance énonce en même temps un mot. Celui qui le rattrape doit épeler le mot. Puis il lance en énonçant lui-même un nouveau mot. Les participants sont au même niveau. Il n’y a pas un prof et un élève.


Tracer les lettres dans du sable est ludique, crée la surprise et renforce la mémorisation.Pour ceux qui passent par le mode kinesthésique pour apprendre, écrire dans le vide, « dans l’air », ou dans le sable, est stimulant.

 

On peut aussi disposer des lettres puzzle au sol :

lettres puzzle

 

 

et demander à l’enfant de sauter de lettre en lettre pour épeler les mots.

 


Pour les règles grammaticales :

Il est possible d’utiliser les images, les couleurs, les émotions.

Plus c’est déjanté, plus l’enfant mémorisera.

dessin représentant la règle d'orthographe

 

 

Exemple pour la mémorisation des exceptions du pluriel des noms en au, eau, eu
Cf vidéo Matthieu Protin

 


Logo du logiciel AnkiLe logiciel Anki mérite qu’on s’y intéresse.

Il s’agira de créer une « banque de donnée » des mots au fur et à mesure que votre enfant les rencontrera à l’école ou à la maison.

Il étoffera ainsi son stock lexical orthographique.

Voir le tutoriel sur ce logiciel.


emoticones triste et content

On n’apprend bien que ce que l’on aime.

Les enfants dyslexiques/dysorthographiques notamment ont besoin de retrouver le chemin du plaisir.

Il est important d’avoir une approche ludique de l’orthographe, qui dédramatise et décontracte.

Voir ses réussites, plus que ses échecs répétés,
Rester dans une dynamique de challenge, plutôt que rentrer dans l’évitement.

Ils ont besoin d’avoir moins de mots à apprendre que leurs camarades. Ne pas être débordés, pouvoir se concentrer crée en eux des connexions neuronales qui faciliteront les apprentissages ultérieurs. Croire que plus on en donne, plus on a de chance qu’il en restera un peu est complètement faux. Le but premier n’est pas d’apprendre tous les mots, mais de retrouver le chemin de la réflexion sur l’orthographe.

3 commentaires à propos de “Apprendre l’orthographe facilement en s’amusant”

  1. Bonjour,
    je suis tout à fait en phase avec votre vision ! Mon enfant, qui est dyslexique, apprend mieux lorsqu’on dessine les mots, quand je les lui fais réciter à l’oral plutôt qu’à l’écrit, et surtout lorsqu’on rigole en apprenant sans dramatiser les erreurs.
    Merci beaucoup pour votre travail et partage !

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